Jean-Jacques Rousseau

Tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau - L'accident de Ménilmontant

Les 12 et 13 octobre 2012, plusieurs événements sont proposés dans le 20ème à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.

Parmi tous les épisodes qui évoquent la relation compliquée que Rousseau, le Genevois, a entretenue avec Paris et ses habitants surtout à la fin de sa vie, il y a, célèbre entre tous, l’épisode de l’accident de Ménilmontant.

Rousseau le raconte dans la seconde Promenade des Rêveries du Promeneur solitaire : le 24 octobre 1776, dans la descente de Ménilmontant, alors coin de campagne et de vignes où il aime à herboriser, Rousseau est renversé par un chien danois qui appartient au carrosse d’un aristocrate, sans doute celui du comte Louis Le Pelletier de Saint-Fargeau. Il perd connaissance. C’est pour Rousseau un moment de pur bonheur. A peine revenu à lui, Jean-Jacques décide de rentrer chez lui à pied, 2 rue Plâtrière (actuelle rue Jean-Jacques Rousseau), en passant par le village de Charonne et le Temple. Non seulement il est grièvement blessé, mais la nouvelle de l’accident se répand dans Paris. On croit Rousseau mort, et Voltaire s’en réjouit… Cet épisode renforce Rousseau dans le sentiment de persécution qui assombrira ses dernières années.

Voir aussi l'article Sur les pas de Rousseau, entre Ménilmontant et Charonne, par Denis G

A l’occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), plusieurs événements sont proposés les 12 et 13 octobre 2012 pour remémorer cet épisode :

Au pavillon du Carré de Baudouin, que Rousseau a pu connaître en allant herboriser, se tiendra un colloque rassemblant historiens, littéraires, philosophes, médecins… les vendredi 12 et samedi 13 octobre de 10h à 18h.

A l’Espace Louise Michel, au Temps des cerises, une exposition autour de l’accident de Ménilmontant présentera des œuvres d’artistes contemporains. Isabelle Etienne lira, avec un accompagnement musical, la seconde Promenade des Rêveries du promeneur solitaire le vendredi 12 octobre à 19h30.

Télécharger le programme complet

Ce projet est soutenu par la Société Jean-Jacques Rousseau, la Société française d’Études du Dix-Huitième Siècle (SFEDS), la Société wallonne d’étude du 18e siècle (Swedhs), les éditions Classiques Garnier et l’Équipe d’Accueil Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (EA 174, Université Paris III-Sorbonne nouvelle), avec le soutien de la mairie du 20ème arrondissement et de l’Espace Louise Michel.

Infos pratiques
Pavillon du Carré de Baudouin
121, rue de Ménilmontant, 75020, Paris
Espace Louise Michel
42 ter, rue des Cascades, 75020, Paris

Source : www.mairie20.paris.fr
 

La rue des Haies

"Le jeudi 24 octobre 1776 je suivis après dîner les boulevards jusqu’à la rue du Chemin-Vert par laquelle je gagnai les hauteurs de Ménilmontant, et de là prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies, je traversai jusqu’à Charonne le riant paysage qui sépare ces deux villages..." font-family:Georgia">
Jean-Jacques Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire. font-family:Georgia">

font-family:Georgia">
Souvent, au cours de mes promenades dans le XXème arrondissement, je passe immanquablement par la rue des Haies. Voudrais-je, comme dans ce poème de John Donne, « The progresse of the soule », retrouver par la pensée maints pays imaginaires, cages de chairs et viviers d’humains, mémoires de bêtes, de femmes et d’hommes, ciels de données et barques de souvenirs, afin de les faire monter jusqu’à mon regard, à l’image de ces bulles irisées que les enfants forment en soufflant et qui s’envolent devant leurs yeux éblouis ?


Jardin naturel, Paris XX,©Jacques Cauda

font-family:Georgia">J’ai l’encéphale tellement imprégné par cette idée que le moindre souvenir qui a trait à cette rue m’apporte mille et une nuits de rêveries éveillées. Ainsi, quand  j’apprends un matin qu’un certain « Papou le Gitan » luthier de son métier y recevait Django Reinhardt, le mot « Nuages » s’impose à moi en toute évidence et vient faire corps avec ce que je sais déjà : les rêveries de Jean-Jacques sont de ces mêmes nuées observées au-dessus du village de Charonne, baignant tout autant les sentiers, les vignes, les prairies et les haies que l’âme du rêveur.

font-family:Georgia">Le mot « haies » comme le mot « nuages » renvoie à l’intemporel, au contraire d’un nom d’écrivain ou d’artiste marqué par son temps et situé précisément dans l’histoire. « Haies » par son allure d’éternité rend l’histoire géographique, si je considère, arbitrairement, que la géographie et l’histoire participent dans leur forme respective, au visible et à l’invisible. La géographie pour tout ce qui se voit, lieux, décors, objets, et l’histoire pour l’implicite qui s’en dégage. Et est-ce sans doute pourquoi je traîne toujours immanquablement dans cette rue des Haies, où l’invisible (l’histoire) apparaît comme tout ce qui se voit, et le visible (la géographie) comme tout ce qui reste insaisissable, comme le sont devenues les haies dans un paysage urbain…
font-family:Georgia">Jacques Cauda