UGC

Victoire du Méliès de Montreuil

COMMUNIQUÉ    Montreuil, 8 mars 2010

UGC et MK2  abandonnent leurs recours en justice

VICTOIRE DU MÉLIÈS DE MONTREUIL !

Il y a plus de deux ans, UGC et MK2  déposaient en justice deux recours contestant le projet de la ville de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, de reconstruire et d’agrandir, de 3 à 6 salles, le cinéma municipal Georges Méliès, classé Art et Essai. Ces deux puissants groupes invoquaient une  « concurrence déloyale » et un « abus de position dominante ». Au même moment, ces sociétés qui réalisent, avec Europalaces (Pathé et Gaumont), 82 % des entrées dans les cinémas parisiens, s’associaient pour créer une carte  commune illimitée visant à marginaliser les cinémas indépendants.  Bel exemple de concurrence libre et non faussée.

Riposte : un soutien unanime
Aussitôt, la pétition lancée à notre initiative exigeant la levée des recours d’UGC et de MK2 a recueilli 20 000 signatures.
210 cinéastes du monde entier, contactés par Stéphane Goudet, directeur du Méliès, ont soutenu le projet d’extension du Méliès de Montreuil. Parmi eux, 12 Palmes d’or, dont les frères Dardenne, David Lynch, Abbas Kiarostami, Wim Wenders, Laurent Cantet, Theo Angelopoulos ou Jerry Schatzberg, ainsi qu’un réalisateur nommé Frédéric Mitterrand…
En mars 2008, Dominique Voynet, sénatrice de Seine-Saint-Denis, a succédé à Jean-Pierre Brard, député, à la tête de la ville. Une partie de l’équipe de sa future majorité s’était prononcée contre ce projet. Après 18 mois de tergiversations, dans un contexte de révision drastique du budget municipal et de réduction sévère des subventions allouées aux associations culturelles comme la nôtre (- 87,5 %, en deux ans !), la donne a changé. La maire a validé, avec des modifications marginales, le projet initial d’agrandissement du Méliès, le qualifiant même de vaisseau amiral  de la culture montreuilloise.  Ainsi le dossier est réouvert et la sélection de l’architecte est en cours.

La victoire de tous les amis du Méliès de Montreuil
On vient d’annoncer que MK2 et UGC ont décidé d’abandonner leurs recours contre le projet de la ville. Il est vrai que  UGC a précédemment perdu tous ses recours, d’Epinal à Lyon (Le Comoedia)  en passant par Noisy-le-Grand (Le Bijou). Mais cette société a fait appel dans tous ces dossiers et refuse de lâcher prise. C’est donc la première fois, en France, que les deux circuits reculent sous la pression conjointe des cinéastes et des cinéphiles.
Bien entendu, Renc’Art au Méliès se félicite de cette magnifique victoire culturelle et politique.
C’est une victoire pour toute l’équipe engagée et passionnée du Méliès, et en premier lieu pour son directeur, l’universitaire Stéphane Goudet et son programmateur, le distributeur Serge Fendrikoff. C’est aussi une victoire pour le conseil général de la Seine-Saint-Denis qui, avec Claire Pessin-Garric, ancienne vice-présidente chargée de la culture, avait soutenu sans relâche cette mobilisation ; victoire aussi pour le député de la Seine-Saint-Denis et maire honoraire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, fer de lance pugnace du combat, dès les premières heures.
C’est, par-delà leur opposition personnelle, une victoire pour la sénatrice-maire Dominique Voynet qui, après la bataille, a su ménager un climat de dialogue avec les patrons des deux grands circuits, soutenu, en cela, par son adjoint à la culture, Daniel Chaize.
Mais, surtout, c’est la victoire des milliers de pétitionnaires, des spectateurs du Méliès, de Renc’Art au Méliès qui les représente et qui aura su les mobiliser et se faire entendre.
C’est enfin une victoire pour le cinéma lui-même. Car ce projet de cinéma municipal, classé Art et Essai, labellisé « Recherche et Découverte », « Jeune Public », Répertoire et Patrimoine », le plus grand et le plus ambitieux de France (1200 fauteuils), stimule la vocation culturelle de l’actuel Méliès, donc celle de la ville et du département.

Y a-t-il eu des contreparties accordées aux circuits pour ce double abandon ?
Trois questions s’imposent :
- Clauses secrètes et négociations confidentielles ?
Est-ce un hasard si la municipalité a fait voter en urgence, sans concertation et sans justification une forte hausse des tarifs du cinéma (14 à 18 %) ?  L’écart entre les tarifs municipaux et ceux de UGC et de MK2 se trouve ainsi réduit. Un alignement des tarifs du Méliès sur ceux qui sont pratiqués dans les multiplexes est-il à l’étude en mairie ?
L’éventualité d’une possible éviction de la direction actuelle du cinéma qui a mené la bataille politique et médiatique contre ces recours est-elle à redouter comme compensation à la nouvelle entente? Une dé-municipalisation du futur grand Méliès est-elle à terme envisagée ?
- Maintien de l’excellence cinéphilique ?
La sénatrice-maire parlait, lors d’un récent conseil municipal, « d’une nécessaire  modification de l’offre commerciale »  de la programmation… Quel sens peut avoir cette recommandation quand la même responsable ne manque pas une occasion de fustiger l’art pour l’élite  qu’elle oppose aux attentes supposées du « grand public » ?
Selon ce schéma d’inspiration populiste, pourra-t-on encore voir dans le futur grand Méliès les invités  prestigieux reçus l’année dernière, de Jean-Pierre Bacri à Fanny Ardant, de Nuri Bilge Ceylan et Manoel de Oliveira à Kiyoshi Kurosawa , Bruno Dumont et Milos Forman ?
- Confirmation des soutiens attendus ?
Le conseil général, désormais dirigé par Claude Bartolone, laisse entendre, à l’heure même où il initie une pétition nationale intitulée  La culture en danger  (Libération 7/1/01), qu’il pourrait être « contraint » de geler tous les investissements culturels nouveaux, du fait de la crise et des transferts de charges décidés par le gouvernement ces derniers temps.
Alors que la précédente majorité du département avait prévu, en raison de l’importance culturelle et symbolique du projet de construction du grand Méliès, d’y contribuer à hauteur du tiers, soit plus de 3 millions d’euros, l’actuel conseil général s’apprêterait-il donc à lâcher Le Méliès ?
Montreuil est-elle prête à se battre pour que ce projet noble et ambitieux ne soit pas sous financé ?

Renc’Art au Méliès reste plus mobilisé que jamais sur deux fronts :
- défendre et renforcer la dynamique actuelle du cinéma municipal,
- rendre accessible à un public élargi un cinéma de qualité.
   
Association Renc’Art au Méliès
35/37, avenue de la Résistance, Boite 119 - 93100 Montreuil-sous-Bois
e-mail : rencart93@yahoo.fr